Jerry Tardieu à fond pour l’intégration politique de la diaspora

Bien avant le vote du budget rectificatif 2015/2016 par l’assemblée des députées mardi soir, il n’y pas eu seulement des débats sur l’absence des fonds communaux, il y a eu aussi des parlementaires qui ont fait le dépôt de projets de loi. Jerry Tardieu a déposé une nouvelle proposition de loi sur la nationalité haïtienne, une semaine après qu’une délégation d’Haïtiens issus de la diaspora avaient rencontré le président de la Chambre des députés sur la volonté de celle-ci d’intégrer la vie politique du pays. Cette proposition de loi, quoiqu’elle pourrait être modifiée à bien des égards avant que les députés ne se penchent là-dessus, devrait être de nature à aider à dissiper la confusion qui règne sur la question de la double nationalité. Elle aura le mérite, si elle est votée par les deux branches du Parlement, de venir corriger une anomalie majeure.





En effet, le décret en vigueur aujourd’hui en matière de nationalité date de 1984 et est en contradiction avec la Constitution amendée de 1987. Ce décret reconnaît que « la nationalité haïtienne se perd par la naturalisation acquise en pays étranger […]» alors que la Constitution de 1987 amendée reconnaît qu’un Haïtien peut avoir une nationalité étrangère en plus de sa nationalité haïtienne. Jerry Tardieu, dont le combat pour l’intégration de la diaspora dans la vie politique active du pays est manifeste, a voulu faire plus qu’une campagne de charme. Sous les yeux attentifs de ses pairs, il a martelé qu’il était du devoir urgent de la 50e législature de « poser cet acte historique visant à finalement doter le pays d’une loi sur la nationalité conforme à la Constitution et qui viendrait dissiper définitivement tous les doutes et les interprétations confuses en rapport à la question de la nationalité ».


Selon le député de Pétion-Ville, également chef de file d’un important bloc politique au Parlement, « cette nouvelle loi aura pour objectif, entre autres, celui de rendre justice à la communauté haïtienne vivant à l’étranger, dont un grand nombre a dû prendre les chemins de l’exil pour raison économique ou sociopolitique mais qui reste attaché à « l’alma mater » et disposé à revenir au pays pour contribuer à son développement ». Dans son exposé des motifs, l’entrepreneur mué en politique estime qu’un lien indiscutable unit les Haïtiennes et Haïtiens de l’intérieur et Haïtiennes et Haïtiens de l’extérieur. « Nous formons une seule et même communauté de pensée, de sentiments, de mœurs, de langue (créole), de sang, c’est-à-dire la nation haïtienne », a martelé Tardieu, du haut de la tribune, lui qui apporte dans sa besace une dizaine de propositions de loi au Bicentenaire.


En marge de la séance, Jerry Tardieu, optimiste sur les possibilités de faire tomber le tabou que la diaspora n’est pas la bienvenue en Haïti, a souligné au passage que les droits de l’homme sont au cœur des préoccupations qui motivent sa proposition de loi. Celle-ci prend en compte plusieurs instruments juridiques internationaux des droits de l’homme, dont deux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies. Entre autres innovations, la proposition de loi établit les conditions à remplir pour renoncer à la nationalité haïtienne, disposition qui n’existait pas dans le décret du 6 novembre 1984. Jerry Tardieu bouge. On n’y trouve rien à redire. Mais une proposition de loi reste ce qu’elle est tant qu’elle n’est pas votée par les deux Chambres et publiée par l’exécutif.




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